Avec Bakuon Retto, le grand et prolifique Tsutomu Takahashi livre un récit fort d’une jeunesse en perte de repères et qui souhaite vivre selon ses propres règles.  Alors qu’ils se mettent en marge du parcours prévu pour eux par la société japonaise, ces jeunes voyous intègrent des gangs de motards au sein desquels ils se sentent libres et soudés.

Bienvenue dans le monde des Bōsōzoku…

Vous avez envie d’en savoir plus ? On vous donne ici 5 bonnes raisons de lire la série !

De Tsutomu Takahashi

Bakuon Retto

Tokyo, 1980. Les parents de Takashi, très soucieux de l'avenir de leur fils, ont déménagé dans un autre quartier plus tranquille de Tokyo afin de séparer Takashi de ses mauvaises fréquentations.

Il ne tarde pourtant pas à s'en faire de nouveaux, qui ont la même passion dévorante. Pour ces adolescents, les seules distractions qui en valent la peine sont les rassemblements de motards. Vêtus de leur tenue de combat et regroupés en bandes très hiérarchisées, ils s'affrontent dans des courses de motos urbaines aussi impressionnantes qu'illégales !

Takashi découvrira avec engouement cet univers de chromes et de grosses bécanes, et il est prêt à tout pour en faire partie ! Casque sur la tête, le voilà propulsé à toute allure sur le macadam tokyoïte dans une ambiance digne des meilleurs romans noirs.

Série en 18 tomes.

Lire le chapitre 1 !

1. Un morceau d'Histoire

L’histoire de Bakuon Retto commence en 1980, à un moment où le mouvement « Bōsōzoku » est encore très fort au Japon. C’est une période charnière car de 1990 au début des années 2000, cette popularité ne va faire que baisser, jusqu’à disparaître presque totalement.

Loin de se targer de « manga historique », la série d’en demeure pas moins un témoin de ce qui a été vécu comme un mode de vie à part entière par des dizaines de milliers de japonais. On apprend donc énormément de choses durant notre lecture, de l’age moyen des membres de ces gangs à leurs rites, leurs valeurs mais aussi à leur quotidien, généralement dans des contextes familiaux difficiles, en dehors des courses et rassemblements.

2. Entre furyo et drame

Takashi rejoint la bande des « ZEROS » alors qu’il n’a que 15 ans. Ce qui l’a mené là, il n’en sait trop rien. Ce qu’il sait, ou plutôt ce qu’il ignore, c’est à quoi ressemblera sa vie plus tard. Il regarde autour de lui et voit des adultes au regard vide, dans lequel tout rêve s’est maintenant éteint.

Alors qu’il s’imagine déjà vivre une existence normale, morne, il décide de « vivre à fond », « ne rien regretter ». Plus tard, c’est trop tard.

Après son premier rassemblement de Bōsōzoku, Takashi rentre chez lui à pied en pleine nuit. Il est humilié, en pleurs, fatigué… et pourtant il n’échangerait cette nuit pour rien au monde. D’une certaine façon, cette première dans le monde de la nuit symbolise à la perfection les hauts et les bas que lui réservent les 3 prochaines années de sa vie.

Des violences entre gangs aux premiers amours en passant par des drames familiaux et la perte d’êtres chers, le titre exploite un spectre d’émotions inattendu.

 

 

3. L'auteur a fait partie d'un gang

Si l’idée n’est pas de glorifier un comportement dangereux et illégal, surtout pour un mineur, il reste assez excitant de lire les mots d’auteurs (à retrouver au début de chaque tome) de Tsutomu Takahashi dans lesquels il confie son passé de loubard.

Sa première moto, les groupes de Rock japonais des années 80, la défense du drapeau de sa bande, les excuses qu’il présente à ma mère pour l’avoir fait pleurer… Ce micro journal intime de Takahashi interpelle et nous fait réaliser que, si son récit est évidemment très romancé, son passé lui donne une légitimité toute particulière à retranscrire cet univers d’un façon plus réfléchie et réaliste que d’autres récits sur ce thème.

On se surprend assez régulièrement, après la lecture d’un tome, à tenter de deviner quelle part de fiction et de vécu il y avait dans ce que nous venons de lire.

 

4. Un casting hétérogène

Le manga concentre son récit sur la vie de Takashi, de ses 15 ans à ses 18 ans. Autour de lui gravitent de très nombreux personnages, jouant un rôle plus au moins important dans sa vie. Si tous ne sont pas inoubliables, l’auteur arrive a donner du crédit et de la densité à son récit en y incluant des personnalités diverses, qui cohabitent pourtant toutes dans le même univers des Bōsōzoku.

Au risque de nous répéter, c’est ce réalisme au regard critique sur l’univers de ces gangs et de ses membres qui fait vibrer le lecteur.
Gerako, le senpai un peu stupide aux dents pourries. Mitsu, qui tombe lentement dans la drogue. Maniyon, le camarade un peu gauche mais plein de bonne volonté. Kazuya, l’ainé qui sert de modèle à Takashi. Shoko, le premier flirt de Takashi, mais menant une vie sage avec ses parents. Yuko, une jeune fille venant d’une famille pauvre et qui a quitté le lycée pour travailler dans un bar.  Et bien d’autres…

5. Le trait inimitable de Takahashi

Aimer ou non le style d’un auteur, c’est forcément très personnel. À nos yeux, on retrouve ici le dessin d’un Tsutomu Takahashi au top de sa forme. Un pari qui n’était pourtant pas forcément gagné d’avance quand on sait que l’auteur dessinait également en parallèle l’excellent Sidooh (publié chez Panini).

Avec son trait parfois détaillé, parfois simpliste mais toujours expressif, Takahashi nous permet de ressentir toutes les émotions de ses personnages en un simple coup d’œil, que ce soit en pleine bagarre, dans un moment de silence ou à pleine vitesse sur une moto au bruit assourdissant.

Découvrez le chapitre 1 !

On espère que ces 5 raisons de lire Bakuon Retto vous auront donné envie de découvrir ce titre.
Si tel est le cas, vous pouvez lire gratuitement plus de 60 pages du tome 1 ci-dessous 😉

Bonne lecture et merci !