« On ne juge pas un plat à la qualité de ses ingrédients , mais à la manière  de bien employer les matières premières à disposition. Avec du temps et un peu d’effort, un plat ne peut être que bon. Car il n’est rien qui ne puisse être mangé en ce monde ! »

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Gourmet invétéré, c’est avec un plaisir non dissimulé que je me suis lancé dans la lecture de « Hell’s Kitchen ». Fan des mangas touchant de près ou de loin à la gastronomie (Le Petit Chef, Les Gouttes de Dieu, Toriko, Space Chef Caisar, etc.), je suis immédiatement rentré dans l’univers de ce manga dont le nom provient du quartier de Manhattan qui a inspiré l’émission culinaire présentée par le chef Gordon Ramsay.

Le début de l’histoire ressemble au shônen type : un garçon ordinaire sans but dans la vie, l’apparition d’un maître qui va l’entraîner dans une nouvelle voie, un affrontement contre un ennemi lambda pour montrer la différence de niveau avec le maître et la rencontre de camarades. Là où « Hell’s Kitchen » se démarque, c’est dans sa relation entre le maître et l’élève. Dogma est un démon de l’enfer n’éprouvant pas la pitié et qui souhaite déguster l’âme de notre héros. Cela le place donc dans un premier temps comme un maître, entraînant son disciple, mais qui à long terme pourrait devenir un ennemi (rien que dans sa façon de traiter son disciple). Leur relation étrange me rappelle celle qui existe entre Ciel et Sebastian dans « Black Butler ».

Dans les premiers duels culinaires, c’est Dogma qui prend les commandes afin de montrer son expérience en se servant de Moriya. Cette habitude, qui sera récurrente dès le début de l’histoire, est similaire à celle du manga « Hikaru No Go ». En effet, le maître, en prenant le contrôle du corps de son disciple (car il est un esprit, un démon…) et en affrontant des adversaires relativement puissants, lui transmet sa passion. On voit donc notre héros prendre petit à petit goût à la cuisine. Les différents personnages secondaires sont tous typés (l’un est expert en épices, une autre en couteaux…) comme dans tout shônen qui se respecte. Les plats préparés ont tous l’air délicieux (j’ai bavé quelques fois en tournant les pages et en imaginant le goût et la texture des différents plats présentés) et les techniques de préparation sont tout aussi originales. Je regrette seulement que l’auteur n’ait pas ajouté en annexe les différentes recettes utilisées afin de pouvoir m’y essayer ^^.

L’ensemble de l’histoire est servi par un dessin sombre digne de la collection Dark Kana (entre le shônen et le seinen) proche d’un « Black Butler » ou d’un « Deadman Wonderland ». Le découpage permet une lecture agréable en nous laissant le temps de savourer le rendu graphique des différents plats. Il est toujours difficile de traiter un sujet comme la cuisine sans faire appel au goût (et dans un manga, il n’y a que la vue qui joue). Le seul moyen est de faire passer la saveur des aliments dans les expressions des dégustateurs, ce que réussit merveilleusement bien ce manga.

En conclusion, « Hell’s Kitchen » est un bon manga qui démarre plutôt bien et qui comblera tous ceux qui ont les yeux plus gros que le ventre.