Et si la vie ne se résumait qu’à un puzzle que l’on assemble à partir de nos souvenirs ? Voilà le nouveau thème traité par Hinako Ashihara.

Les pièces d’un puzzle

Haruka était une jeune fille bien transparente. Pourtant, lorsqu’elle meurt tragiquement à 19 ans, tous ses camarades de lycée se retrouvent à son enterrement. Personne ne semble s’être lié à elle. Pourtant, les circonstances d’une mort aussi jeune ne les laissent pas indifférents. Qui était-elle vraiment ? Quels ont été ses souvenirs, son histoire ?

Le commencement du puzzle

À l’enterrement, la mère de la défunte interpelle Mizuko, une jeune étudiante présente. Elle lui apprend que sa fille l’a décrite comme sa meilleure amie. Mizuko est très gênée, elle n’a jamais vraiment été proche de Haruka. Choquée et intriguée, elle retourne voir la mère de la jeune fille après quelques jours de réflexion. Celle-ci lui apprend que sa fille a dû subir un avortement pendant sa scolarité au lycée et qu’elle souhaite absolument retrouver le garçon qui l’avait mise dans cette situation. N’ayant jamais vu Haruka accompagnée d’un garçon, Mizuko se laisse entraîner dans ses recherches. Elle commence alors à rassembler les pièces du puzzle en prenant contact avec ses anciens camarades de classe…

La glace, le feu et la pierre

Rapidement, un trio d’enquêteurs atypiques va se mettre en place.

Mizuko est une jeune femme à l’allure froide et glaciale, elle ne laisse jamais paraître ses sentiments de peur d’envahir l’espace personnel des gens qui l’entourent. Ce qui lui vaut un grand nombre de critiques. Pourtant, Mizuko ne comprend pas qu’on lui reproche la distance qu’elle instaure entre les autres et elle.

Narumi est tout l’inverse. Très tactile et très peu délicat envers la gent féminine, il met souvent les pieds dans le plat. Il provoque ainsi des réactions diverses allant du rejet à la sympathie. Nonchalant, il ne fait jamais le moindre effort, se contentant du minimum.

Yanai, lui, a un orgueil démesuré l’empêchant de laisser paraître la moindre faiblesse. Perfectionniste, il met toujours un point d’honneur à réussir ce qu’il entreprend, dans la mesure où il calcule parfaitement chaque retombée de ses actes et de ses paroles.

L’assemblage des pièces

Et si la recherche de la vérité sur Haruka était un moyen de se découvrir eux-mêmes ? En effet, chacun de nos trois personnages semble cacher un grand nombre de secrets et de problèmes existentiels. Trouveront-ils, au fil de l’assemblage des pièces du puzzle de Haruka, les pièces de leur propre vie ? Pour le moment, le suspense est très clairement posé par Hinako Ashihara.

Tout comme dans « Le Sablier », l’auteure tient ses lecteurs en haleine dès le premier tome ! Nos trois héros vont donc se lancer à la recherche d’indices pour découvrir qui était vraiment leur camarade de classe si mystérieuse et se découvrir eux-mêmes à travers l’avancée de leur recherche.

De la vie à la mort

Haruka, bien que décédée, ne semble pas disparaître pour autant du récit, elle est omniprésente. De nombreux flash-back nous permettent de découvrir, en même temps que les recherches avancent, ce qu’a été la vie de la jeune fille. Ainsi, Hinako Ashihara ne laisse pas de côté Haruka, qui d’une certaine manière reste une des héroïnes de cette série. Qu’elle soit active ou passive, cela ne change en rien le fil de l’histoire. Tout est parfaitement posé, au bon moment !

Sensibilité du thème et du dessin

C’est toujours avec beaucoup de délicatesse que Hinako Ashihara met en scène la beauté des émotions et des sentiments de ses personnages. Ainsi, dans cette série, nous serons touchés par chacun d’entre eux, car tous auront quelque chose de particulier à nous faire ressentir. D’ailleurs, le thème de la mort est parfaitement représenté dès le début du premier tome, décrivant précisément le passage de l’indifférence à la sensibilité, allant jusqu’à la déchirure de voir un être partir. Hinako Ashihara nous a habitués à aborder des thèmes sensiblement difficiles. Ici, la couleur est vite annoncée : ce sera la mort, les persécutions au lycée, les amours difficiles qui auront, en autres, la primeur du récit. Bien évidemment, cette auteure nous prouve aussi une nouvelle fois que son dessin est remarquablement touchant : elle met sur chaque geste, chaque visage, chaque expression, les détails qui toucheront ses lecteurs à coup sûr. Pour moi, « Piece » est un vrai petit bijou, au même titre que « Le Sablier ». J’ai littéralement dévoré ce premier tome, restant sur « ma faim » de ne pouvoir découvrir la suite des aventures mélancoliques de nos jeunes héros. Je ne peux donc que vous recommander de vous laisser porter par le talent de Hinako Ashihara !

Bonne lecture !