« Si un monstre pareil n’était pas né… »

C’est avec un a priori négatif que j’ai commencé la lecture de la série « Deadman Wonderland » (je n’allais tout de même pas lire le tome 11 sans avoir lu les précédents). Ceux qui ont pu lire mes autres chroniques commencent à me connaître un peu : je ne suis vraiment pas friande de shônen, et encore moins de ce genre, qui tend vers le morbide…

J’avais quand même décidé de laisser sa chance à cette série. Après tout, les dessins sont vraiment réussis et sortent de l’ordinaire, avec des traits particuliers qu’on a peu l’habitude de voir dans l’univers du manga. J’ai donc pris mon courage à deux mains, et j’ai commencé la lecture du premier tome de « Deadman Wonderland ».

Pour ceux qui ne connaissent pas du tout l’histoire, comme moi, voilà un petit résumé de l’histoire (les puristes ne m’en voudront pas j’espère). Ganta, notre héros, est un adolescent comme les autres, jusqu’au jour où un étrange soldat rouge vient massacrer tous ses camarades de classe et lui laisse la vie sauve. En conséquence, le pauvre garçon est accusé du meurtre de ses amis et se retrouve enfermé à Deadman Wonderland. Il faut savoir que depuis que le grand tremblement de terre a eu lieu, et qu’il a détruit la ville de Tokyo tout en décimant sa population, on n’a rien trouvé de mieux pour redonner un certain attrait à la ville que d’y créer un centre de détention très spécial, qui de loin ressemble à un parc d’attractions, mais qui de près est une véritable machine à tuer.

Je n’ai pas pu, à ce stade de l’histoire, m’empêcher de penser à « Hunger Games », le principe étant quelque peu similaire. Là-bas, Ganta se fait des ennemis, des amis, au fil des tomes, et il retrouve Shiro, qui prétend être une amie d’enfance, mais dont Ganta n’a aucun souvenir. L’étrange jeune fille fera tout son possible pour protéger Ganta. Oui, mais voilà, et moi, je crois que c’est là qu’on a commencé à me perdre, au sein de Deadman Wonderland: le terrible directeur cache d’horribles criminels (soi-disant), ou des monstres, tout dépend comment on voit les choses. Ces personnages particuliers, qui ont pourtant réussi à me toucher, ont le pouvoir de contrôler leur sang et de l’utiliser comme arme (de destruction massive…). Et, si vous ne vous en doutiez pas encore, Ganta aussi possède cette compétence ! Seulement, voilà qu’on les force tous à participer à une sorte d’émission de téléréalité (oui, je coupe court) où ils doivent s’entre-tuer (je fais encore un gros clin d’œil à « Hunger Games ». Décidément, la Rome antique ne cesse d’inspirer les artistes…). Et donc nécessairement, ils vont tous décider de se rebeller contre le grand patron et Deadman Wonderland…

Vous l’aurez compris, je suis déjà loin d’être convaincue par le récit, alors que l’idée initiale me paraissait excellente, et je n’ai pas été conquise par le côté baston en cascade… Mais j’admets toutefois qu’il y a une dimension psychologique intéressante qui est abordée dans ce manga. Jusqu’où le public est-il prêt à aller pour se faire plaisir ? (Entre téléréalité et carnage en direct… On retrouve là aussi le même problème posé dans « Hunger Games ».) Et puis, surtout, jusqu’où va nous mener la science ? (et là-dessus, le manga fait particulièrement peur…).

Mais je n’oublie pas ma mission première qui était donc de vous chroniquer le tome 11 de « Deadman Wonderland ». Sans faire de spoilers, je peux vous dire que c’est un des tomes les plus révélateurs de la série (peut être s’est-il trop fait attendre d’ailleurs…), puisqu’on découvre le passé de Ganta et de Shiro, qui, là aussi je l’admets, est très intéressant et apporte beaucoup au manga finalement. Après les grands méchants complètement fous et assoiffés de pouvoir et de sang, ça m’échauffe vite les nerfs, donc là-dessus, le tome 11 a un peu perdu de sa valeur. D’autant plus qu’il se finit abruptement, et en laissera sans doute plus d’un sur sa faim, dans l’attente du tome 12, pas encore paru au Japon.

Ce manga se classe sans nul doute dans un type étonnant, entre l’horreur et la science-fiction, certainement pas du genre que j’ai l’habitude de lire, et je ne m’étonne donc pas de son classement dans le label « Dark Kana ». Après tout, amis lecteurs, soyez prévenus !

Pour ma part, il s’agit donc d’une déception, même si je ne regrette pas d’avoir lu cette série, puisque les dessins sont quand même très réussis ! Et pour les vrais fans (moi je ne vais pas pousser le vice jusque-là), il y a la série animée, pour patienter avant la sortie du tome 12 !