Bonjour, Kana lecteurs,

Aujourd’hui, je viens vous parler d’un manga connu par beaucoup : « Pluto ». Si cela ne vous dit rien, peut-être que vous serez plus curieux si je vous dis les mots « Astro Boy », ou peut-être quelques noms de maître comme Urasawa (Monster) et LE maître du manga Tezuka (Astro Boy, Le Roi Léo).

Il est bien beau de donner de tels arguments, mais faut-il encore que l’alchimie de tous ces ingrédients établisse une recette parfaite ! Je tiens à signaler que j’ai lu toute la série – disponible en 8 tomes dont une édition avec les8 livresdans une boîte plutôt sympa – alors, je commenterai parfois l’œuvre dans son ensemble.

L’histoire se passe à travers le monde entier, et dès le départ, nous sommes en Suisse en plein feu de l’action – ceci n’est pas peu dire. En effet, un incendie ravage la montagne, et un courageux protagoniste s’en va dans les flammes pour sauver la nature qu’il aime tant. On voit alors apparaître au détour d’une planche une ombre malfaisante… La scène se termine, et fait place au commissaire Gesicht commissaire, qui après quelques regards sur une nouvelle scène de crime détecte des anormalités. Le personnage interpelle un suspect et débite les droits au prévenu en terminant par « Je suis un robot ». Un robot parfait qui ressemble même aux hommes par son physique – on peut d’ailleurs voir une bonne interprétation de M. Fassbender dans le rôle d’un robot dans Prometheus. Le décor est alors planté, et on s’étonne que l’on soit dans une enquête. Car encore plus que par l’histoire, j’ai été passionné par l’univers développé par Tezuka et mis en dessin par Urasawa. Même si le monde est déjà fascinant, l’histoire n’en demeure pas moins haletante. On recherche le tueur « aux cornes », qui pourrait faire un meurtre parfait ? Pour un humain, c’est impossible… Pour un robot, c’est interdit – ce sont d’ailleurs de véritables lois de la robotique d’Isaac Asimov qui sont respectées par la plupart des auteurs de science-fiction. Je vous conseille de jeter un coup d’œil à la web émission « + ou – geek » qui traite de la robotique. D’accord, le scénario est très bon, et pour la construction des personnages, c’est le point fort de Tezuka, mais faut-il encore un beau pinceau à accorder avec la plume…

L’objectif est complètement rempli par Urasawa ! C’est beau ! La construction des planches est parfois juste exceptionnelle ! Dans le tome 1, la scène où Gesicht apprend une triste nouvelle à une robot est totalement vide d’émotion, car la robot ne peut rien exprimer, et Urasawa parvient à rendre réelle la frustration qu’a cette machine en dessinant simplement le même dessin 3 fois dans des cases minuscules : des gens appellent ça du talent, moi, j’appelle ça du génie. Mais l’histoire la plus marquante du tome est celle de North 2. Une simple histoire qui pourrait se suffire à elle-même, ou bien même être un one shot de 200 pages. L’impact des scènes et même la volonté de l’auteur à nous faire écouter de la musique à partir d’images nous obligent à ressentir quelque chose.

IROBOTIl serait alors facile de comparer l’œuvre au film « I, Robot » avec Will Smith, mais il est beaucoup plus juste de la comparer avec le film « A.I. » de Steven Spielberg – je tiens à remercier mon consultant cinéphile pour cette information… Car oui, j’ai les moyens d’en avoir un :D-.

Mais alors, que fait Astro dans cette histoire ? Eh bien ! Il n’est pas chez le mécanicien, non, il est tout simplement un personnage secondaire. Urasawa a réussi à donner à cette icône du manga un rôle « à part ». Astro ici n’est pas principal, il laisse la place aux autres protagonistes tout aussi importants et surtout : INTÉRESSANTS ! Mais ne vous inquiétez pas ! Son apparition vaut tout de même le détour. Elle se veut simple et épurée comme le personnage : du grand art !

Devant une série aussi intense en émotion – car oui, l’émotion est au centre du livre alors que l’on parle de robot, c’est d’ailleurs là tout l’intérêt -on ne peut pas rester indifférent. J’ai sans doute été moins drôle que d’habitude dans cette chronique, mais je voulais respecter l’ambiance de l’œuvre le plus possible. Vous avez eu l’avis d’un fan qui a dévoré la série en un mois. Essayez au moins le premier tome, vous ne serez en aucun cas déçu ! Je veux bien me déguiser en Astro si ce n’est pas le cas !