« Merci, Kana, pour Master Keaton. » Moi-même.

Je ne vous le cache pas, je suis un fan d’Urasawa. Aucun de ses livres ne m’a déçu, et sa nouvelle série Billy Bat est une véritable petite bombe ! C’est un génie comme on en voit peu. Il arrive à transmettre des émotions exceptionnelles, il a une plume unique et un sens de la narration à couper le souffle !

Édition Deluxe !

Kana, en tant que maison d’édition, a mis les petits plats dans les grands pour faire revivre la série Master Keaton de 1988 : 300 pages, un grand format, une jaquette sobre noire – comme la black édition de Death Note –  mais classe grâce à ses reliefs, et enfin un papier encore d’une meilleure qualité. Oui, déjà on sent que ça bosse dur chez Yves Schlirf – à moins que…

Un personnage riche.

Le héros, Keaton, a été étudiant en archéologie à Oxford, il est professeur d’université, il a été instructeur dans les services spéciaux anglais, il parle plusieurs langues et, enfin, il est aussi enquêteur d’assurances. Autant vous dire qu’il ne connaît pas le chômage, loin de là. Ajoutez à cela qu’il a des tendances cleptomanes et qu’il maîtrise toutes les techniques de survie et vous obtenez MacGyver – ah ! si, je vous jure, c’est hallucinant. Keaton est aussi tête en l’air et il a un capital sympathie hors du commun. Même en tant que lecteur, au premier contact, on l’apprécie peut-être grâce à son design tout en courbes.

Des enquêtes, plein d’enquêtes !

Au fil des chapitres, on va assister à une succession d’enquêtes à travers le monde – comme dans Pluto, oui. Elles sont très variées, allant de la survie dans le désert à la découverte du Moyen Âge, du cœur de la mafia corse – on ne poussera pas un cocorico cette fois – au trafic de drogue… Donc oui, enquêteur en assurances au début, c’est pas vendeur comme profession, mais au final, c’est très excitant ! Tout compte fait, je ne parle pas que du tome 3, car les chapitres sont très épisodiques, et vous pouvez presque lire un chapitre au hasard tout en restant au cœur d’une intrigue riche dans sa construction et dans ses apports historiques. Ensuite, vous aurez toujours droit à un happy end, mais toujours renouvelé ! Un Détective Conan, mais plus ancré dans le réel.

C’est peut-être dû aux années 80 – date de parution – que l’ouvrage est épisodique. La plume d’Urasawa se reconnaît, elle aussi, mais elle est plus ronde. Enfin, certaines cases sont parfois des clichés, mais c’est plein de saveurs comme quand on lit un Saint Seiya – mais en moins moche quand même.

Coup de cœur !

Même si je préfère Billy Bat, Master Keaton a tout du bon manga. Il n’y a pas de faute de goût, et tout est maîtrisé. L’œuvre paraît avec 25 ans de retard, et pourtant ça ne se voit pas !

Un indispensable.