Dans The Gentlemen’s Alliance Cross, écrit par Arina Tanemura (qui est connu entre autres pour Full Moon), nous suivons l’histoire d’Hainé Otomiya, lycéenne de quinze ans. 

Le récit prend place dans un cadre typique pour du shôjo : une luxueuse académie ! Les élèves sont classés en fonction de leurs revenus dans plusieurs catégories : bronze, argent et or. Pour gouverner le tout, il y a l’Empereur, qui est beau gosse, et dont toutes les filles sont follement amoureuses. Notre héroïne, qui le connaît depuis son enfance, ne fait pas exception à la règle et va tout faire pour se rapprocher de lui. Des obstacles seront cependant là pour lui barrer le chemin, et le chemin sera long pour notre jeune Hainé si elle veut se faire une place aux côtés de Shizun, l’homme qu’elle aime.

Malheureusement, la mayonnaise prend difficilement. Hainé, avec ses cheveux longs, ses yeux énormes et sa poitrine bien mise en valeur, a physiquement tout de l’héroïne cliché du shôjo. Son caractère et son histoire personnelle entrent aussi dans le moule du déjà-vu, avec un passé d’ex-délinquante, une intelligence pas forcément développée, et surtout une force démesurée qui sort de nulle part pour la tirer en quelques pages de situations délicates. De même, sa manie de ne pas réfléchir avant de parler aura tendance à exaspérer certains lecteurs qui pourraient s’attendre à quelque chose de plus mature. Le scénario manque de profondeur et de travail.

Heureusement, ce manga est aussi bourré d’humour et a le mérite de nous amuser tout au long de la lecture. Les quiproquos sont bien amenés et pimentent le récit, tandis que les fautes de diction de l’héroïne prêtent à sourire. Autre point positif, les personnages secondaires sont nombreux et riches en personnalité. Ils sont d’ailleurs beaucoup plus attachants que Hainé et ont chacun leur grain de sel à rajouter à l’aventure. Cela donne du peps à l’histoire, et on finit par se laisser porter sans mal.

Côté graphisme, cela reste agréable à l’œil, avec un style shôjo que l’auteure maîtrise bien. Pour autant, les pages sont très chargées, avec pléthore de petits détails, pas forcément utiles et dont l’absence permettrait une lecture plus fluide. Cependant, on apprécie le soin apporté aux vêtements et aux décors, toujours beaux et recherchés. De plus, Kana a fait un bon travail d’édition, la jaquette est belle et le papier de bonne qualité, sans bavure, ni texte à côté des bulles.

En conclusion, The Gentlemen’s Alliance Cross ne plaira sûrement pas à tout le monde, à cause de son scénario trop classique et de son héroïne trop simpliste et cliché. La plume de l’auteure nous gâte cependant avec des graphismes qui ont une âme et qui regorgent de détails, montrant tout le soin accordé aux dessins. Ce manga est donc destiné à un public désireux de passer un moment en compagnie d’un manga frais, léger, et sans prise de tête.

Il faut quand même garder en tête que ce n’est que le premier volume, et qu’il ne reflète pas forcément tout le potentiel de la série. D’autres la compléteront (onze au total). L’histoire, on l’espère, s’étoffera et gagnera en consistance et profondeur dans le futur.