"Slam Dunk": un phénomène sportif
Nombreux sont ceux qui se souviennent encore de la diffusion, il y a plus de 10 ans, d'un dessin animé sur le volley-ball intitulé en français "Jeanne et Serge" ("Attacker You" au Japon). A l'époque, les taux d'audience réalisés par la chaîne de diffusion atteignirent des sommets impressionnants. Véritable phénomène de société, les exploits de Jeanne Azuki avaient déclenché une formidable vague d'inscriptions dans tous les clubs scolaires de volley-ball. On raconte même que la Ligue de Volley-Ball aurait demandé à la chaîne d'arrêter les rediffusions pendant quelques temps, afin de pouvoir faire face aux nouveaux arrivants!
Au Japon, le même phénomène s'est également produit à partir de deux mangas dans des sports différents: le basket avec "Slam Dunk", et le football avec "Captain Tsubasa" de Yôichi Takahashi. Dix ans après la première parution de "Captain Tsubasa", le Japon voyait naître, pour la première fois de son histoire, une Ligue Professionnelle de Football: la "J-League". Les joueurs japonais qui y firent leur début sont nombreux à avouer qu'ils ont commencé à jouer au foot à cause du manga de Yôichi Takahashi.
L'impact de "Slam Dunk" sur les adolescents japonais lors de sa sortie, a été au moins aussi fort. Coïncidant avec la médiatisation de la Dream Team américaine de Magic Johnson et Michael Jordan, entre autres, lors des Jeux Olympiques, le manga a, en quelque sorte, apporté un ballon de basket dans chaque maison. Depuis l'ère "Slam Dunk"", on ne compte plus les jardins dans lesquels un panier de basket a été installé. En 1997,
on pouvait lire dans les pages du magazine japonais "President": "Il y a l'avant et l'après "Slam Dunk". Le basket-ball qui était considéré comme un sport mineur, s'est soudainement imposé comme le sport n° 1 des collégiens. On peut dire qu'il est responsable du "boom NBA" qui a lieu au Japon". Takehiko Inoue lui-même parlait en ces termes dans une interview accordée au magazine "Shûkan Playboy" en 1995: "Ce qui me fait le plus plaisir lorsque je dessine, c'est de savoir que le nombre de joueurs inscrits dans les clubs de basket augmente de jour en jour".
Le manga "de sport" est considéré comme un genre à part: Sports Konjô Mono (abréviation: Supokon , traduction: "sports et esprit combatif")
On peut dire que c'est en 1966, année de parution de "Kyojin no Hoshi" ("L'Etoile des Giants" de Noboru Kawasaki ), manga très célèbre sur le base-ball, que naît ce genre qui connaîtra un franc succès par la suite. Suivront "Ashita no Jo" de Testuya Chiba en 1968, et bien plus tard, en 1981, "Touch" de Mitsuru Adachi, la première comédie romantique sur fond de sport. Ce dernier manga a exercé une influence considérable sur le genre: le Supokon des années 70 mettait en scène des personnages très volontaires, remplis de confiance, qui voulaient faire les choses à leur manière, mais étaient sûrs d'y parvenir. Avec "Touch" et son personnage central: Tatsuya Uesugi, c'est l'avènement de l'"anti-héros", à l'opposé des battants que les lecteurs avaient l'habitude de voir jusqu'alors, anti-héros qui ne se gênera pas pour dire: "Je suis fatigué, j'arrête".
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Ashita no Jo
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Kyojin no Hoshi
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Touch
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