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Le shôgi

Article paru dans le volume 5, en septembre 1999

Historique

Le shôgi est le nom du jeu d'échecs japonais. Tout comme nos échecs à nous, il est dérivé du jeu que l'empereur de l'Inde Ravana inventa afin que ses généraux s'entraînent à améliorer leurs stratégies et leurs tactiques de guerre.

Le shôgi, tel qu'on le connaît aujourd'hui, a été instauré à la fin du 16e siècle par l'empereur Go-Nara. Celui-ci aurait également introduit une nouvelle règle totalement inédite en Occident: la possibilité de réutiliser les pièces prises à l'ennemi. Pour profiter de ces captures, on les "parachute" sur l'échiquier, à l'endroit où on le désire, mais en respectant certaines conditions.

Cette particularité n'apparaît dans aucun autre jeu de la famille des échecs. Elle augmente l'intérêt du jeu en permettant de mieux acculer au mat le roi de l'adversaire.

C'est à la fin du 16e siècle et durant le 17e siècle que le shôgi connut ses lettres de noblesse. Trois grands généraux reprirent le shôgi à des fins de tactiques militaires: Nobunaga, Hideyoshi et Ieyasu. Le shôgi se popularisa sous le gouvernement de Ieyasu, quand celui-ci devint finalement le maître absolu du Japon.


Le jeu

L'échiquier du shôgi est composé de 81 cases: 9 en largeur, numérotées en chiffres arabes, et 9 en longueur, numérotées en chiffres japonais ou romains ou encore identifiées par des lettres de l'alphabet latin. Contrairement au nôtre qui comporte des cases claires et des cases foncées, il est de couleur uniforme. Les pièces ne sont pas non plus de couleurs différentes. Le camp est déterminé selon la direction vers laquelle pointe la flèche dont les pièces ont légèrement la forme.
Au départ, les pièces sont disposées comme sur l'image ci-dessus.

Les pièces

Dans chaque camp, il y a 9 pions , 2 lances, 2 cavaliers , 2 généraux d'argent, 2 généraux d'or, 1 roi, 1 fou et une tour.

Les déplacements

Les pions (1) se déplacent comme ceux de nos échecs, d'une case à la fois vers l'avant. Ils ne mangent cependant que dans le sens de leur déplacement et ne peuvent pas reculer. Il ne peut y avoir qu'un seul pion du même camp dans une colonne.

Les lances (2) avancent uniquement vers l'avant, d'autant de cases qu'on le désire. Elles ne peuvent ni se déplacer latéralement ni reculer.

Les cavaliers (3) se déplacent uniquement d'une case en diagonale et d'une case en avant (ou inversement) et peuvent passer par-dessus les autres pièces. Ils ne peuvent ni se déplacer latéralement ni reculer.

Les généraux d'argent (4) avancent comme le roi, d'une seule case dans n'importe quelle direction, sauf latéralement (à droite et à gauche), et en arrière. Mais ils peuvent reculer en diagonale.


Les généraux d'or (5)
avancent également comme le roi, mais pas en diagonale arrière.
 


Le
roi (6) se déplace dans toutes les directions, d'une seule case à la fois. C'est la pièce qu'il faut "matter".


Le
fou (7) se déplace comme le fou de nos échecs, en diagonale uniquement.


La
tour (8) se déplace comme la tour de nos échecs, dans toutes les directions sauf en diagonale.

Le parachutage

Le shôgi possède une caractèristique intéressante, c'est le "parachutage". Il consiste à remettre en jeu les pièces capturées à l'ennemi pour en faire des alliés. Cela équivaut à un coup et remplace donc le déplacement d'une pièce sur l'échiquier. Le joueur "parachute" la pièce capturée où il veut, mais se doit de respecter les conditions suivantes:

*La case doit être libre.
*La pièce doit pouvoir se déplacer encore au moins une fois .
*Un pion ne peut pas être parachuté devant le roi et le mettre mat.
*Un pion ne peut pas être parachuté sur une colonne déjà occupée par un autre pion (autrement dit, on ne peut pas "doubler" le pion) sauf si celui-ci est déjà "promu".

 

La promotion

C'est l'autre caractéristique du shôgi. Une pièce est promue lorsqu'elle arrive dans la zone adverse délimitée par les 3 premières lignes du camp ennemi. Elle n'est cependant pas obligatoire, sauf lorsque la pièce arrive à l'autre bout du plateau.

La promotion concerne toutes les pièces, hormis le roi et le général d'or.

Les pions, les lances, les cavaliers et les généraux d'argent deviennent des généraux d'or. Ils héritent ainsi des déplacements de ces derniers et perdent leurs anciennes propriétés.
La tour et le fou conservent leurs anciens déplacements tout en héritant des déplacements du roi.
Lorsqu'une promotion est effectuée, on retourne la pièce, qui présente un autre caractère indiquant qu'elle est promue.

 

Variations

Il existe dans le shôgi, tout comme dans nos échecs, un grand nombre de variétés de jeux. Le tsume shôgi est, par exemple, une résolution de mat en un temps ou en un nombre de coups impartis. Les paris sont ouverts sur la réussite ou l'échec du joueur. Cette variation est assez populaire dans les rues.

Pour en savoir plus, visitez les sites web suivants : http://mapage.noos.fr/shogi
http://www.multimania.com/asa

 

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