S’il n’y avait qu’un seul thème: l’Amitié
Si le thème de l’amitié est récurrent dans presque tous les shonen mangas, il est rarement mis aussi en évidence que dans "Shaman King". Plus l’histoire se développe, et plus cette valeur fondamentale tient une place importante dans le récit.
Tout commence avec l’amitié qui lie Yoh à Amidamaru: un jeune Shaman qui s’allie à un Samouraï légendaire, vieux de 600 ans. Une équipe de choc, indestructible, qui ira jusqu’au bout de l’aventure. Puis ce sont les liens entre Yoh et ses divers compagnons qui se renforcent petit à petit, les uns après les autres: Manta, Horohoro, Bokutou no Ryû, Lysberg, et même Ren, que l’on pensait être un rival éternel pour notre héros.
Hiroyuki TAKEI base véritablement toute son histoire sur cette valeur fondamentale: loin d’être une simple succession de combats, "Shaman King" est le récit d’une bande d’amis, tous porteurs d’un rêve différent, qui se promettent (sans se le dire) de donner leur vie les uns pour les autres si les circonstances le demandent.
Dans le rôle de l’ami émouvant, on ne peut pas éviter de parler de Bokutou no Ryû: au secours de Manta lorsque Yoh fait le difficile choix de le rejeter, au secours de Ren lorsqu’il décide de faire face à son père mais qu'il n’est pas de taille… TAKEI fait de Ryû un personnage très entier, un des rares qui ne cache pas ses sentiments, et affiche, ouvertement, son attachement pour tous ses amis. Qui pourrait croire que ce grand dadais, coiffé comme une corbeille de fruits, nous procurerait autant d’émotion?
Doucement, mais sûrement, on prend conscience que les personnages progressent, davantage pour affiner leur relation d’amitié, que pour véritablement devenir Shaman King. Pour s’en convaincre, il suffit de lire entre les pages dessinées par TAKEI: chaque intermède, chaque digression dans le récit n’est, en réalité, qu’un prétexte pour renforcer l’amitié entre les personnages et, par là même, accentuer l’intensité et la dramaturgie des combats qui s’ensuivent. On se laisse prendre au jeu des émotions fortes, et on fait défiler les pages, le cœur battant, suspendu au dénouement qui ne sera, de toute façon, pas celui que l’on avait prévu. On en redemande!
La documentation de tout bon Shaman: le "Man.Ji.En": le "Shaman King Characters Book"
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Lorsqu’on est fan, le mot "art-book" ne laisse jamais indifférent: scintillement des yeux, pincement au cœur, tous les sens entrent en action naturellement. Un art-book, c’est toujours une sorte de Graal, la quête d’un objet renfermant des secrets, un objet qui nous rapprochera de la vérité…
Plus sérieusement, les art-books japonais sont souvent de très précieuses sources d’informations, des ouvrages qui vont permettre d’apprécier encore davantage un auteur et son travail. En juin 2002, les éditions Shueisha offraient, aux lecteurs de "Shaman King", l’occasion d’en savoir un peu plus sur l’univers de ce fabuleux manga. 250 pages, au format poche manga, dans lesquelles nous retrouvons tout ce qui nous donne du plaisir à la lecture de "Shaman King": superbes illustrations, humour omniprésent et mystères à demi dévoilés.
Un art-book désigne en général un ouvrage rassemblant les dessins d’un auteur, dessins inédits ou déjà parus sous d’autres formats. En ce sens, on ne peut pas vraiment considérer le "Man.Ji.En" comme un art-book, mais plutôt comme un guide sur le manga "Shaman King". Un guide des personnages, plus exactement. Le titre de l’ouvrage, "Man.Ji.En", fait en réalité référence à un très célèbre dictionnaire appelé "Kô.Ji.En" que l’on trouve dans toutes les familles japonaises. L’équivalent d’un petit "Robert" ou d’un petit "Larousse", pour la langue française. Le "Man.Ji.En" se veut donc être un dictionnaire qui fournit une explication sur tous les termes apparaissant dans le manga: noms des personnages, attaques, fonctions, types de Shamans, etc. Précisons que les explications ne portent que sur les chapitres parus jusqu’au 31 avril 2002, soit l’équivalent du volume 1 au volume 19. Et gageons que la suite du récit donnera lieu à un deuxième "Man.Ji.En".
Coup d’œil sur le sommaire
L’ouvrage est divisé en huit chapitres:
1) La famille Asakura
2) La famille Tao
3) Hao
4) X-Laws
5) Personnages en relation avec le Shaman Fight
6) Explications: attaques, fantômes, armes
7) Matériaux utiles: carte de la ville, présentation des lieux, cafés et bars
8) "Ça, c’est rare": journal de voyage de Ryû aux USA, dernier chapitre de ses aventures avec Tamao.
On constate que le titre de l’ouvrage ("Shaman King Characters Book") ne mentait pas: ce sont les données sur les personnages qui occupent 90% du livre. Chaque personnage y est présenté très en détails: date de naissance, groupe sanguin, lien de parenté, histoire, puissance de furyoku, rêve… tout y est. Pour chaque personnage important, il y a un petit "plus": une interview "décontractée" . L’occasion, par exemple, de demander à Yoh pourquoi Anna le mène par le bout du nez, et de rire un bon coup…
Les amateurs de beaux dessins en couleurs apprécieront certainement les premières pages de l’ouvrage: on y trouve, en effet, une série de dessins réalisés par l’auteur, pour la publication hebdomadaire dans le "Jump". Neuf planches tout en couleurs, toutes plus belles les unes que les autres.
Un avis
En raison du fait que ce livre n’est disponible qu’en japonais, on ne peut pas dire que ce soit l’ouvrage indispensable du fan francophone de "Shaman King". Bien qu’il contienne de nombreuses informations et soit d’une lecture très agréable, son contenu est néanmoins hors de portée d’un apprenti en langue japonaise. Toutefois, le collectionneur n’hésitera certainement pas à se le procurer, ne serait-ce qu’en raison du prix très attractif (à peine plus cher qu’un manga) pour un objet qui se fera rare avec le temps (les Characters Books de ce genre ne sont pas réédités).


