Première mi-temps
Tout ce qu'il faut savoir sur l'un des mangas les plus palpitants, jamais réalisés…
Tout lecteur de "Slam Dunk" n'ignore pas que ce manga, terminé au Japon, compte dans sa totalité 31 volumes. La version française vient d'atteindre le dix-septième: autrement dit, nous sommes juste au milieu de l'histoire. C'est le moment idéal pour faire un premier point, et revenir un peu sur les temps forts de "Slam Dunk".
Au Japon, Hanamichi Sakuragi est élève en classe de seconde, au lycée Shôhoku. Outre sa réputation de bagarreur invétéré, il est célèbre pour les nombreux échecs amoureux qu'il a subis. Fraîchement arrivé du collège, il fait une rencontre qui va changer le cours de sa vie scolaire: il tombe amoureux d'Haruko Akagi. Par amour pour la jeune fille, qui est une férue de basket-ball, et bien qu'il ignore tout de ce sport, il va faire l'impossible pour être admis dans le club du lycée. Parfait novice, il fait malgré tout la preuve de très bonnes dispositions et d'une détermination qui vont convaincre le capitaine de l'équipe. La course à la victoire peut alors commencer, aussi bien sur le plan sportif qu'amoureux...
|
Fiche technique Titre: Slam Dunk Titre original: Slam Dunk Auteur: Takehiko Inoue Nombre de tomes en V.O: 31 Nombre de tomes en V.F au 02/03/2002: 17 Editeur japonais: Shueisha Magazine de prépublication: Weekly Jump Date de la première édition française: 1999 |
![]() |
Fan de basket ou pas, un manga fédérateur
La seule lecture du titre du manga: "Slam Dunk", suffit à révéler clairement le thème que l'auteur a choisi de traiter: le basket-ball.
"Slam Dunk" a apporté la preuve qu'on peut aimer un manga au sujet très précis sans pour autant être un adepte du genre. En effet, au Japon, le basket-ball est loin d'être le sport national: bien que le football soit venu perturber sa suprématie depuis une dizaine d'années, le base-ball bat sans conteste tous les records de popularité et d'audience. Malgré tout, le succès de "Slam Dunk" ne se dément pas: à ce jour, plus de 90 millions d'exemplaires ont été vendus dans le pays (autrement dit: 3 millions d'exemplaires en moyenne pour chaque tome…). Lors de sa première publication, il bénéficia d'un énorme tirage: 2 230 000 exemplaires. Et la réédition en "format de luxe" depuis le début de l'année 2001, ne le contredira pas.
Par ailleurs, "Slam Dunk" fait partie du top 3, avec "Dragon Ball" d'Akira Toriyama, et "Yuyu Hakusho" de Togashi Yoshihiro. Le top 3 porta le "Shonen Weekly Jump" au sommet des ventes en 1993 (on parle d'un tirage hebdomadaire de 6380000!), et 1995 (6530000!).
La question qui se pose alors est de savoir comment un manga traitant d'un sport presque inconnu à l'époque, a pu bénéficier d'un tel engouement. La première réponse, et la plus évidente après lecture, est que Takehiko Inoue est véritablement un très grand auteur: ses dessins, dans l'ensemble ou de manière individuelle, sont d'une très grande beauté ; l'histoire qu'il raconte parvient à tenir le lecteur en haleine avec des thèmes simples: amourette de lycée, passion pour un sport, amitié d'une bande de copains qui apparaît plus forte que tous les obstacles. Takehiko Inoue fait battre nos cœurs à la vitesse de la balle et nous procure émotions sur émotions, grâce à une pléiade de personnages, tous plus caractéristiques les uns que les autres.
La deuxième réponse, indépendante du génie de l'auteur, se trouve dans l'ouverture d'esprit des lecteurs de mangas japonais: le plaisir de lire peut venir de n'importe quel manga, qu'il traite d'un violon d'Ingres spécifique à un auteur, ou de tout autre sujet dont on ignore pourtant l'essentiel. Ce ne sont pas les exemples qui manquent, si l'on se réfère aux mangas à succès: "Hikaru no Go" (histoire sur le jeu de go: sorte de jeu de dames japonais), "Tennis no Ojisama" (le fabuleux parcours d'un joueur de tennis surdoué), ou encore dans le passé, "Captain Tsubasa" ("Olive et Tom" en français) qui racontait les aventures d'un jeune footballeur, alors que le sport lui-même était encore inconnu de la très grande majorité des Japonais.
Il devient alors clair qu'un lecteur ne se limite pas à ses propres centres d'intérêts pour choisir un manga, et que tous les sujets ont leur chance… à condition que le manga soit intéressant! Ainsi, contrairement à ce que pensent certains énonçant que "les mangakas manquent de personnalité", on peut considérer que c'est précisément la personnalité dont ils savent faire preuve, qui embrase une histoire d'apparence anodine. Le talent prend le pas sur le sujet. "Slam Dunk" en est un parfait exemple. Peu importe qu'on aime ou pas le basket, on ne peut s'empêcher d'aimer l'équipe de Shôhoku, l'imposant Akagi, l'impatient Hanamichi, le beau et surdoué Rukawa, le génial Mitsui et le surprenant Ryôta.


