Un manga qui prend son temps pour poser les bases
Quel que soit le magazine hebdomadaire de prépublication de shonen mangas, on est sûr d’y voir cohabiter de jeunes auteurs et des habitués des lieux. Qui dit "jeunes auteurs", dit forcément "imperfections, hésitations, tâtonnements et autres petits défauts liés au manque d’expérience". Néanmoins, suivant l’adage qui dit que "la valeur n’attend pas le nombre des années", les éditeurs n’hésitent pas à lancer, dans des magazines vendus à plusieurs millions d’exemplaires, des auteurs qui n’ont pas encore fait leurs preuves mais qui ne demandent que ça.
On peut donc découvrir dans les premières séries shonen de jeunes auteurs, une structure relativement similaire. Ainsi, il faut bien souvent attendre 2 ou 3 volumes pour que l’histoire commence à tourner à plein régime. 2 ou 3 volumes où le lecteur ne sait pas encore précisément dans quelle histoire il est embarqué. C’est le cas par exemple dans "Yuyu Hakusho" ou "Yu-Gi-Oh!": l’auteur met un certain temps à définir son cadre. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’atteint pas son but – divertir le lecteur –, mais il se permet davantage de coups d’essai ou de digressions, que dans la suite du récit.
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Dans SDK, c’est un peu particulier. En effet, si, durant les 3 premiers volumes, on ne sait pas exactement comment l’auteur va rythmer son histoire, on constate malgré tout qu’il y pose des bases indispensables pour la suite: c’est le début de l’histoire qui nous permet d’apprendre à connaître Kyôshirô la plupart du temps, et qui nous laisse entrevoir Kyô par intermittence. Au milieu du volume 3, la tendance s’inverse complètement, et bien que l’apparence du personnage reste la même, le héros change. Kyôshirô s’efface et Kyô apparaît. Voilà un procédé narratif souvent utilisé, mais auquel l’auteur a su ajouter une part de mystère, rarement aussi bien dosé ailleurs.
Le langage : des anachronismes volontaires
S’il fallait énumérer toutes les originalités que comportent SDK, il est fort probable qu’un dossier ne suffirait pas. Néanmoins, parmi celles qui frapperont le lecteur habitué aux récits de samouraïs, on retiendra la manière de parler des personnages, et les nombreux anachronismes volontaires.
Est-il nécessaire de préciser qu’il est impossible que, dans une histoire se déroulant il y a 400 ans, des personnages emploient le vocabulaire des années 2000? Il y a quatre siècles, le japonais était une tout autre langue, que très peu de lecteurs seraient aujourd’hui capables de déchiffrer. Il est donc normal que l’auteur ait fait le choix de moderniser ses dialogues. Cependant, il ne s’est pas contenté d’écrire des dialogues compréhensibles en gardant un style d’époque. Il a pris le parti de faire parler ses personnages comme le feraient de jeunes japonais nés à la fin du 20e siècle. Il y a donc un premier anachronisme entre les dessins et les dialogues.
Parce que c’est souvent dans l’exagération que naît l’originalité qui amène l’intérêt du lecteur, Akimine Kamijô a décidé de pousser la fantaisie encore plus loin: de très nombreux gags, notamment dans les premiers tomes, prennent leur source dans l’actualité, dans notre actualité. Une anecdote survenue après la publication du premier volume en témoigne: nous avons reçu plusieurs lettres de lecteurs nous mentionnant une erreur dans ledit volume. Comme toujours dans ces cas, notre attention a redoublé et nous nous sommes penchés sur la question. Il s’agissait d’un anachronisme évident puisque l’un des personnages parlait de Viagra, un médicament qui ne pouvait évidemment pas exister à l’époque où se déroule SDK. Par acquis de conscience, la version originale a été vérifiée, et il s’est avéré que c’était une fantaisie de l’auteur. Le ton du manga était donné!
SDK est donc un savant mélange de tradition et de modernité. Et cette fois, ce n’est pas un de ces nombreux clichés véhiculés sur la culture japonaise en Occident, c’est une réalité.
Le dessin animé
Depuis le 14 octobre 2001, le dessin animé de Samouraï Deeper Kyô est diffusé entre 2h30 et 3h00 du matin, sur la chaîne de Tokyo TV. Une série d’une grande qualité, qui remporte un grand succès d’audience malgré l’heure très tardive à laquelle elle est diffusée. Cliquez sur les deux liens ci-dessous pour en savoir un peu plus. Une bande annonce pour le premier et une présentation des personnages qui vous permettra de voir quelle allure ont, en couleurs, les personnages que vous êtes habitués à voir en noir et blanc.
Pour voir la bande annonce du dessin animé de SDK (Plug-in Real Player nécessaire)
http://www.tv-tokyo.co.jp/b-bansen/anime/anime_item32.html
Les personnages version dessin animé:
http://www.tv-tokyo.co.jp/anime/kyo/






