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L’adaptation: 5 questions à Misato

Lors du dossier réalisé sur "Shaman King", nous avions posé 5 questions à Sébastien Gesell. Il y avait répondu avec un brio certain, et ses réponses s’étaient avérées très intéressantes. C’est pourquoi nous renouvelons l’expérience avec Misato, la traductrice de "Samouraï Deeper Kyô".

1) Peux-tu nous dire quelques mots sur cette série que tu connais bien? Quelles sont, par exemple, d’après toi, ses qualités?

Comme vous l’avez très bien expliqué, "Samouraï Deeper Kyô" est bourré d’humour. Akimine Kamijo s’amuse d’anachronismes dans les mots, mais aussi à travers le graphisme de ses personnages. D’ailleurs, certains reflètent vraiment la jeunesse japonaise actuelle. Par exemple, on peut voir dans les illustrations en couleurs, que Yuya a les cheveux teints en châtain clair (le fameux CHAPATSU) et que Shindara est le stéréotype d’un courant musical: le visual rock… Une autre qualité de ce manga, selon moi, c’est que l’auteur ne fait pas dans le manichéisme. En effet, on se rend compte que Kyô n’est pas si cruel qu’il en a l’air et que Kyôshirô n’est pas innocent non plus, Okuni n’est pas juste une garce mais une amoureuse prête à mourir pour celui qu’elle aime (houps! je n’en dis pas davantage), Tigre Rouge cache son identité à ses amis... Difficile de juger du bien et du mal quand on commence à s’attacher aux personnages… Peut-être que l’auteur, dans cette série, nous propose sa vision de l’homme: tout le monde a en soi deux côtés, l’un lumineux et positif, et l’autre plus sombre et inquiétant. Et chacun essaie juste de vivre de son mieux selon ses convictions.

2) SDK raconte une histoire qui se passe il y a près de 400 ans. Il y a forcément des différences de langage, des difficultés propres à ce genre de récit. Pourrais-tu nous en dire quelques mots?

Les personnages de SDK parlent un japonais d’aujourd’hui, avec même des expressions très modernes. Mais Akimine Kamijo utilise également des termes de l’époque, qui font partie intégrante de la culture générale du lecteur japonais, mais qu’évidemment peu de francophones connaissent. Comme c’était le cas pour les personnages historiques, tout ce qui concerne les combats de sabre, les superstitions religieuses… sont délicates à traduire lorsque l’on a peu d’espace dans une bulle! Le but est d’intégrer de façon naturelle une explication supplémentaire pour permettre une meilleure compréhension. Tout en restant le plus fidèle à l’œuvre originale.

3) Malgré un contexte historique japonais, SDK est une série qui connaît un gros succès dans les pays francophones. Nous recevons beaucoup de courrier, beaucoup de dessins. Comment perçois-tu cela?

Le succès de SDK est sûrement lié à la richesse de chaque personnage. Ils sont vraiment très attachants. Mais aussi au fait que malgré le contexte historique, les thèmes traités ont une valeur universelle et transfrontalière: l’amitié, l’amour, la trahison, la vengeance… Et, cerise sur le gâteau, cette série est graphiquement très belle, elle satisfait sûrement plus d’un fan de l’Extrême-Orient puisqu’il y trouve en plus l’exotisme japonais d’un autre temps.

4) Dans le manga, on voit apparaître des personnages souvent très charismatiques. En tant que lectrice-traductrice, as-tu une préférence pour l’un d’eux en particulier?

Hmm… C’est la question la plus difficile… J’aime beaucoup Sasuke qui est un petit gars qui se donne des airs de grand et qui n’est pas toujours très doué pour exprimer ses sentiments. Il est vraiment craquant lorsqu’il rougit ou qu’il redevient parfois un simple enfant quand Yukimura lui ordonne de rester en dehors des combats ... Sinon, j’aime bien tous les personnages créés par les assistants de l’auteur dans les pages bonus, particulièrement Pipo!

5) Parmi toutes les scènes que comporte SDK, quelle est celle qui a ta préférence?

Mes scènes préférées sont celles des bains… Car elles me rappellent la volupté et la sérénité des onsens (sources thermales d’eau chaude) du Japon. En plus, dans la plupart des cas, il s’agit de rotenburos (sources naturelles en extérieur) qui sont le MUST des onsens, selon mon humble avis, puisqu’on peut profiter pleinement de la nature pour méditer. Que j’aimerais parfois être à la place de Yuya!


Conclusion

Le dossier sur "Samouraï Deeper Kyô" s’achève ici. Ce n’est que le premier bilan d’une histoire qui s’annonce passionnante et très ouverte. Nous aurions pu également vous parler du style graphique de Akimine Kamijô, mais la grande quantité de dessins que nous recevons chaque mois, nous laisse penser que nous n’aurions fait que vous apprendre ce que vous savez déjà: SDK est une merveille graphique comportant des planches et des dessins magnifiques. De quoi attendre avec impatience la suite du récit et les nouveaux dessins de l’auteur, qui seront forcément de plus en plus beaux.

Bien entendu, nous restons à votre disposition pour toute question sur la série, ou le dossier lui-même.