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Pour parler simplement, les Japonais font une nette différence entre l’art et la manière. D’un côté, l’on a l’aspiration spirituelle, ce vers quoi l’enseignement tente d’amener l’élève, toutes les valeurs importantes qu’il doit retenir. De l’autre, les techniques de combat qui permettent de mettre en pratique l’enseignement spirituel acquis auprès du maître. Ainsi, l’entraînement et les différentes épreuves qui se dressent sur le chemin de l’élève au cours de son apprentissage ne sont que des étapes pour tester son esprit. Le développement du corps favorise l’esprit, mais perdre de vue le réel objectif mental d’un art martial peut se révéler dangereux. Dans Naruto, Kishimoto-sensei montre bien au travers de l’histoire de certains personnages que l’enseignement ninja peut de la même façon produire des maîtres sages, comme l’Hokage, que des êtres dont la puissance dépasse de loin le mental, à l’image d’Orochimaru.
En résumé, le Nin-jutsu correspond à l’ensemble des techniques ninjas, tandis que le Nin-po désigne plutôt la voie du ninja, basée sur un certain enseignement spirituel de la vie. On peut rapprocher ces deux termes des notions de Budo et de Bushido chez les samouraïs.
Datant de plusieurs siècles, les origines supposées du Nin-jutsu sont aussi nombreuses qu’invérifiables historiquement parlant, notamment du fait de l’ancienneté de cet art martial. Les ouvrages décrivant des actes que l’on pourrait aisément attribuer aux ninjas ne manquent pas, même si on ne peut accorder autant de crédit aux uns et aux autres. Parmi les nombreuses légendes et autres témoignages transmis par-delà les siècles, voici l’origine la plus ancienne et la plus enracinée dans la culture nippone concernant le phénomène ninja : la légende de Jimmu Tenno, descendant de la déesse Amaterasu, entité créatrice du Japon.
Certainement l’origine la moins crédible, la légende du premier empereur japonais et descendant de la déesse du soleil Amaterasu – légende faisant office de base du discours nationaliste nippon - laisse à penser qu’il fut en relation avec les ancêtres des ninjas. Durant la guerre contre le seigneur d’Iso, alors que l’ennemi prenait le dessus, Jimmu Tenno, le premier empereur donc, eut une révélation : il rêva qu’il donnait en offrande aux dieux une tasse moulée dans de l’argile provenant du mont Amakaga. Or, ce mont sacré se trouvait en territoire ennemi, rendant la tâche quasiment impossible à accomplir par des moyens traditionnels. Deux fidèles serviteurs, Shinetsuhiko et Otokashi, infiltrèrent le camp adverse, déguisés en simples paysans, et ramenèrent jusqu’à leur seigneur l’argile convoitée. La clémence des dieux mise à son profit, on raconte que Jimmu Tenno eut le dessus sur l’armée d’Iso. L’art du déguisement, visiblement utilisé dans cette affaire, peut ainsi faire office de prémices au Nin-jutsu, même si évidemment, on peut supposer que quiconque aurait pu en faire autant sans forcément sortir du village caché de Konoha. Source : Nin-jutsu – ninja, les guerriers de l’ombre (Roland Habersetzer – Editions Amphora - 1989)
Si le Nin-jutsu nous apparaît maintenant comme un art martial à part entière – bien que son enseignement soit très rare de nos jours – il ne faut pas oublier qu’à ses débuts, il était au contraire vivement critiqué.
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