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Rumiko Takahashi, l'interview!
Entretien par Urian Brown paru dans le magazine Animerica du mois de juin 2005.

Depuis ses premières publications aux États-Unis, Rumic World, One-Pound Gospel et la série Mermaid, jusqu’à la sortie de Inu-Yasha, Rumiko Takahashi apparaît comme une véritable force de la nature dans le monde du manga et de l’animation.

Les fans américains doivent à Takahashi d’avoir créé des titres tels que Ranma ½, qui a ouvert les portes de la pop-culture japonaise à la génération des années 90.

Aujourd’hui, malgré le poids du succès planétaire d'Inu-Yasha, l’imagination de Takahashi continue à tourner à plein régime et elle maintient sa place sur le bouillant marché des créateurs de rêves.

Nous avons eu l’occasion de nous glisser dans l’agenda serré de Takahashi, pour lui poser quelques questions sur Inu-Yasha et sur ce que le futur réserve.

Dans Inu-Yasha, on trouve de nombreux démons issus du folklore japonais. Ce que vous connaissez de ce folklore vous vient-il essentiellement de recherches faites en tant qu’adulte ou de souvenirs d’enfance ?

Rumiko Takahashi : Depuis mon enfance, je tire mon inspiration de photos de magazines et de tout ce qui me tombe sous la main. Quand j’ai commencé Inu-Yasha, je me suis mise à la recherche d’illustrations de démons et de gobelins. Mais une fois le travail en cours, je n’ai créé que des personnages originaux.

La majeure partie des éléments mythologiques de Inu-Yasha sont d’origine japonaise, mais certaines références à d’autres mythologies sont également introduites, comme par exemple lorsque Inu-Yasha tente d’extraire le Tessaïga dont le corps de son père est transpercé. On ne peut s’empêcher de penser à la légende du roi Arthur. Quels sont les autres apports mythologiques qui ont marqué votre travail?

Sincèrement, je ne vois rien de semblable dans Inuyasha.

Dans Inu-Yasha, le personnage de Nobunaga (Amari) cherche à protéger la vraie vie à tout prix, aussi grotesque et déformée soit-elle. Nobunaga (Oda), celui des livres d’Histoire du Japon, détruisait quant à lui des vies humaines sans vergogne. Ce personnage est-il une manière de se moquer de la célèbre figure historique?

Je n’ai pas cherché à construire une satire. Donc, non, il n’y a aucun lien. Je trouvais simplement que Nobunaga Amari ferait un personnage idéal de manga shônen.

D’où vous est venue l’inspiration pour le boomerang Hiraikotsu de Sango?

D’un simple boomerang, vraiment.

Vos séries sont connues pour leurs descriptions de conflits à la fois amusants et dramatiques entre frères et sœurs. La vie réelle vous inspire-t-elle beaucoup?

Il n’y a aucun lien avec ma propre vie.

Le dessin animé Inu-Yasha est directement tiré du manga. Le film en est assez éloigné. Sur quels aspects de l’histoire du film avez-vous travaillé et quelle part de contrôle avez-vous eue sur le processus de création?

J’ai participé aux réunions de rédaction du script mais les scénaristes étaient tellement brillants que je les ai pratiquement laissé faire.

Depuis de nombreuses années, vous avez un franc succès aux États-Unis et vous êtes considérée comme l’un des premiers auteurs de manga à avoir su se faire reconnaître dans ce pays. Aujourd’hui, Inu-Yasha est diffusé sur Cartoon Network (une importante chaîne câblée US) et compte parmi les émissions les plus regardées. Avez-vous un jour pensé obtenir un tel succès aux États-Unis et comment ressentez-vous cette réussite?

Je suis heureuse que tant de personnes me lisent et suivent l’adaptation à l’écran de mon travail. Je suis très heureuse.

Votre œuvre s’inscrit dans le pur style shônen. Lors de vos débuts en tant qu’auteur de manga, avez-vous consciemment décidé de ne pas dessiner dans un style shôjo, comme d’autres dessinatrices de manga?

J’aime les mangas shônen depuis mon enfance et je n’ai jamais voulu dessiner que dans ce style.

Bien que le dessin animé ait pris fin au Japon, le manga Inu-Yasha suit son chemin. Que pensez-vous du dessin animé ? Le trouvez-vous à la hauteur de votre manga?

Avec Sunrise à la production et la qualité de leur travail, j’ai eu beaucoup de chance.

Vous dessinez d’excellents mangas depuis longtemps à présent. Avec le recul, que pensez-vous de la profession que vous vous êtes choisie ? Si vous pouviez revivre votre vie, seriez-vous à nouveau auteur de manga?

C’est ma vocation et, dans une autre vie, je serais sans aucun doute dessinatrice, une fois encore.

Comptez-vous un jour clore votre série One-Pound Gospel?

Je crois que ce serait bien, oui, à un moment ou un autre.

Avez-vous un message à transmettre à vos fans du monde entier?

Aux fans que j’ai pu rendre heureux, je tiens à dire que je suis ravie de faire ce métier. Bientôt, je dessinerai de nouveaux mangas. Lisez-les, s’il vous plaît.

Source: Animerica Magazine, VIZ Media,
vol. 13, n°6 of June 2005.