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Humour noir


A la différence d'un manga comme "Monster", référence ultime des années 2000 en matière de manga polar, "Psychometrer Eiji" est un manga qui laisse une grande place à l'humour. Les auteurs donnent aux lecteurs des bouffées d'air frais, dans un contexte, la plupart du temps, nauséabond. Peut-être est-ce pour accentuer l'horreur des crimes qui suivent, mais surtout, pour ne pas que le lecteur oublie que les héros sont encore, malgré une maturité apparente, des adolescents. On parle de filles, de boites de nuit, de musique… Des activités, une manière de parler, une manière de vivre, tout simplement, qui ne sont rien d'autres que celles des jeunes du Japon des années 2000. Autrement dit, des héros qui mènent une vie comme les autres, à la différence qu'ils côtoient des drames de très près.

On peut aussi penser que, si l'humour est si présent dans les pages de "Psychometrer Eiji", c'est certainement parce qu'il l'est aussi dans l'atelier de travail des auteurs. Pour s'en convaincre, il suffit de voir le nombre de fois où ils laissent la parole à leurs assistants, qui profitent alors de l'occasion pour laisser libre cours, en public, à un humour très private joke. Certes, ce n'est pas du Raymond Devos, mais ça détend les zygomatiques avec un certain succès!!

Bien entendu, les plus sérieux d'entre nous ne sont pas oubliés: on peut retrouver, entre certains chapitres, les "Cours de psychologie facile de Ryôko Shima". Une occasion de se faire une idée sur la psychologie en général, mais aussi de voir que les auteurs partent souvent de faits réels pour construire leurs histoires, ou définir le traumatisme de leur meurtrier.
 

Une certaine vision du Japon moderne


Les lecteurs attentifs n'auront pas manqué de remarquer que le terrain de jeu de prédilection d'Eiji et de ses copains, se situe au cœur de Tokyo: Shibuya
.
Centre ville surpeuplé, Shibuya est un quartier incontournable de la mégapole japonaise. Lycéens et lycéennes aiment à s'y retrouver pour faire des courses, boire un verre, se prendre en photo, ou aller chanter au Karaoke. Au croisement de toutes les tendances tokyoïtes, Shibuya est souvent sous les feux des caméras: fiefs des jeunes adolescentes, le quartier voit naître toutes les modes, tout ce qui sera porté par tout le monde dans deux mois tout au plus.
En choisissant ce quartier comme background, Andô et Asaki veulent sans aucun doute imprégner leur récit de modernité et d'actualité. En lisant "Psychometrer Eiji", un Japonais sait qu'il va voyager dans un quartier qu'il connaît. Il sait aussi que la frontière entre la fiction du manga et la réalité qui l'entoure, n'en sera que plus mince. Faut-il voir, là aussi, un procédé pour insuffler la peur au lecteur…?

 

 

 

 

 


 

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bookman-junior / Le 23/05/2012 à 13h03

bookman-junior / Le 23/05/2012 à 13h05

bookman-junior / Le 23/05/2012 à 13h04