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Article de presse Keiko Ichiguchi
Actu publiée le vendredi 2 mars 2007|
La presse s'est fait l'écho de cette actualité, pour preuve cet article publié dans le journal "Le Soir" que nous proposons de découvrir maintenant:
Daniel Couvreur
La mangaka Keiko Ichiguchi, auteure culte de 1945, un album intimiste sur la tragédie nazie vécue de l'intérieur, vient de publier deux livres pétillants pour mieux comprendre l'âme japonaise. Pourquoi les Japonais ont les yeux bridés ? dit tout des dessous de l'esprit nippon. "America" est un manga sur la fascination des jeunes Japonais pour l'Amérique du rock, de Hollywood et des libertés. Avant les années de plomb de George Bush. Keiko Ichiguchi vide les esprits des clichés des "Japs attaquent" à la Buck Danny ou du "Pearl Harbor" de Michael Bay. Elle croque un Japon contemporain créatif, passionné, rêveur. Les mangas incarnent ces valeurs de folie artistique dans le monde, au point que le gouvernement de Tokyo a décidé d'en faire sa nouvelle vitrine culturelle. "La Deuxième Guerre mondiale a laissé une image violente et très dure des Japonais, raconte Keiko Ichiguchi, dont l'oeuvre est actuellement exposée à Bruxelles par l'Ambassade du Japon. Toute une génération a été imprégnée d'un terrible sentiment de culpabilité. Mais à travers les mangas, on redécouvre les bons côtés de notre culture, comme au XIXe siècle, quand Monet accrochait des estampes aux murs de son atelier. Le Japon n'est pas condamné à être fautif à cause des erreurs d'un gouvernement impérial qui a aussi fait souffrir sa population. Le Japon actuel peut avoir une bonne image de lui-même."
Ses parents lui avaient promis un destin scandaleux quand elle a fait son "coming out" de mangaka. L'apprentissage impose de boire d'importantes quantités d'alcool tous les soirs et d'être capable de scénariser en images trente pages par jour. L'exercice conduit à un état de transe où le réel se confond avec un imaginaire propice aux images terrifiantes qui font le succès des mangas. Certains en arrivent à voir des fantômes sacrés. D'autres meurent parfois le crayon à la main ou s'évanouissent mystérieusement dans la montagne pour fonder une secte, à l'image de Suzuka Yamamoto, devenue accro au chamanisme et au saké ! © Journal Le Soir - 03/02/2007 - Avec l'aimable autorisation de Daniel Couvreur | ||||
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